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20 juil. 2024

Aspects pratiques Malaisie


Le climat (février)

Avant de partir, on appréhendait pas mal la météo, car les prévisions annonçaient beaucoup d'orages et de pluie pour toute la durée de notre séjour. Finalement on s'est tapé effectivement quelques belles saucées orageuses (à Kuala notamment en fin de journée), mais globalement on a eu assez beau temps. 
C'est à Langkawi que les journées étaient les plus chaudes et les plus ensoleillées, on avait intérêt à prévoir la crème solaire! Les couchers de soleil étaient de véritables splendeurs; ainsi qu'à Penang.




Les gens

J'avais gardé de très bons souvenirs des échanges avec la population dans la région du Sabah (sur l'île de Bornéo), et ce voyage en Malaisie continentale n'a pas démenti mes impressions vieilles de dix ans. On voit que les gens ont l'habitude des touristes dans les coins où on a été, mais pour autant on a été très bien accueillis: on ne se sent pas le toutou de service ni la pompe à fric. 

Beaucoup de sourires, de délicatesse, une parole facile (tout le monde parle anglais), et surtout un esprit assez détendu. Bon, à KL les habitants sont assez speeds comme dans toute métropole, mais rien à voir avec Paris. C'est à Langkawi qu'on a trouvé l'ambiance la plus cool, on ressent bien le côté insulaire. 

En tant que femme non musulmane et non voilée, je me suis sentie à l'aise (bien plus qu'en Corée entre-nous-soit-dit!). Alors certes des fois -sur la plage notamment- j'avais un peu l'impression de détonner, mais ce n'était pas tant le fait de regards posés sur moi que celui de ma propre crainte d'embarrasser et de choquer en maillot de bain ou en short (même si j'ai fait attention à ma tenue). J'ai eu de beaux échanges et sourires avec des femmes dans plusieurs situations, et si j'étais parfois un peu gênée face à des groupes de mecs, ça ne changeait finalement pas de ce qu'on peut ressentir en tant que nana sur nos propres trottoirs français...Le statut des femmes malaisiennes dans les sphères sociales, économiques, politiques et domestiques demeure un enjeu de taille, cependant elles sont bel et bien présentes dans l'espace public et c'est super agréable en tant que nana.




Les baignades

Les plages les plus belles étaient selon nous celles situées sur Langkawi. Ca ne vaut pas celles de Bornéo (l'archipel de Semporna...😍) mais on a quand même bien apprécié y barboter. L'eau est agréable mais attention  aux méduses, la baignade est d'ailleurs déconseillée sur de nombreuses plages! C'est un peu à vos risques et périls. Chéri ne se prenait pas trop la tête, moi je suis plutôt du genre trouillarde pour ce genre de trucs; donc j'avais toujours un œil sur l'eau autour de moi. J'en ai vu passer quelques unes mais ce n'est pas infesté non plus. Bon cela dit si on avait eu les enfants je pense que je leur aurai enjoint de rester tout au bord.




Les balades et visites

On a adoré vadrouiller, que ce soit à pieds, en prenant les transports locaux, les taxis ou encore en scooter. Tout est relativement simple, pas de galères sur ce voyage. C'était agréable de varier les paysages: forêts, plages, ville; on a fait un peu de tout.  Des fois les sites touristiques sont un peu chers pour ce que c'est, mais bon, ça fait vivre l'économie locale. Les balades qu'on a faites étaient assez pépères et accessibles à tout le monde.

Attention cependant aux singes qui sont vraiment partout et qui peuvent se montrer agressifs (évidemment à cause des abrutis de touristes qui les nourrissent et qui les excitent...). En témoigne notre petite mésaventure où Chéri s'est fait racketter ses biscuits!




Les transports

Pour le coup on aura un peu tout testé! On a loué un scooter seulement sur Langkawi et je vous le recommande. L'île n'étant pas très grande et le climat s'y prêtant, c'était un moyen de locomotion très sympa. Vous trouverez pléthore de loueurs le long de Pantai Cenang. Les routes sont globalement en bon état et il n'y a pas trop de trafic. 

Les taxis sont bon marché, on y a eu recours notamment sur Penang car on était un peu excentrés tout au nord de l'île. On a aussi utilisé le réseau de bus, mais des fois c'est un peu long. 

Le métro à Kuala est très pratique et facile à emprunter. On a beaucoup marché mais des fois c'était reposant quand même de prendre le métro (et on se prenait un coup de frais par la même occasion!). Pour aller à Batu Cave, rien de plus simple:  prendre la ligne de train KTM Komuter, depuis la gare centrale de  KL Sentral. Attention, tous les trains ne s'y rendent pas, donc regardez bien la direction (au pire pas de panique, vous pouvez descendre et attendre le suivant). 


Comme au Japon, certains wagons sont réservés aux femmes


Les logements

On eu recours uniquement à Airbnb pour nous loger. Sur Kuala vous trouverez énormément d'hôtels avec piscine en rooftop à des prix très abordables (genre 50 euros la nuit). Ca vaut vraiment le coup!

Sur Penang on a fait le choix de dormir à Batu Ferringhi (tout au nord) pour être près de la plage. Il n'y avait pas beaucoup de choix et l'appart n'était pas génial, mais ça faisait l'affaire. Vous aurez beaucoup plus de possibilités si vous restez plutôt sur Georgetown (mais nous on a préféré être un peu excentrés pour être moins dans la ville). 

Enfin sur Langkawi je vous conseille de trouver un petit bungalow, il y en a pas mal à la location et ça a un petit côté rustique bien sympathique.




La Malaisie vegan / sans gluten

Alors autant vous dire tout de suite: c'est le kiff! Il y a systématiquement des options vegan/végétariennes des nasi goreng (le plat local de riz sauté). On a souvent mangé dans les petits étals de street food et je n'ai jamais été malade! Toujours plein de légumes, de riz, de curry; c'est délicieux et vraiment pas chers (genre 3 euros par personne). 

On a régulièrement mangé indien aussi, il y en a partout (dont bien sûr des restos entièrement veggy). Attention par contre ça pique, Chéri en a eu le hoquet! 

Mention spéciale à deux restos: d'abord The Book situé à Georgetown sur Penang. C'est sûrement le resto le plus cher qu'on ait fait (toutes proportions gardées évidemment), mais on avait envie de se faire un petit plaisir et on n'a pas été déçus. C'est simple mais très bon, moi j'avais pris les frites de patates douces (une tuerie! Et je suis difficile en la matière), ainsi qu'une petite salade exceptionnellement bonne. 

Ensuite sur Langkawi il nous a été donné de manger dans un des meilleurs thaï (fusion) que j'ai pu tester: Jo Makan. Le vieux monsieur cuisine diablement bien, tout est frais, fait maison, c'est absolument succulent, avec des explosions de saveurs à chaque bouchée (et version vegan sans problème). J'ai testé le plat le plus épicé de la carte, c'était un peu hard mais j'en garde un souvenir impérissable.








3 juil. 2018

Aspects pratiques Corée (Séoul & Sokcho)



Le climat (juin)

Pour le coup on peut dire que j'ai eu un temps exceptionnel! Il a fait super beau aussi bien à Séoul qu'à Sokcho, avec des températures relativement chaudes au soleil (aux alentours de 25°-28°). Pour autant ça restait agréable car il y avait de l'air et pas trop d'humidité. Le soir je mettais parfois un petit pull léger. 
Et pour une fois la clim  dans le métro et autres lieux publics n'était pas surpuissante!




Les randos

Un peu comme à Taïwan, j'ai beaucoup aimé le fait que l'on puisse facilement avoir accès à la nature à partir des villes, sans avoir à louer de voiture ou à s'éloigner outre mesure. 
Depuis Séoul, après un simple trajet de métro, vous pourrez allez randonner au Bukhansan National Park [ligne 1 jusqu'à l'arrêt Dobongsan; environ 45 minutes depuis le centre. Ensuite il y a environ un quart d'heure de marche jusqu'au parc, vous n'avez qu'à suivre les gens]. Ne vous fiez pas à cette proximité pour vous dire que vous ne pratiquerez que de simples balades...Certains sentiers sont ardus, il y a de sacrés grimpettes qui se rapprochent parfois de l'alpinisme et qui nécessitent une bonne condition physique. Ne vous y aventurez pas sans de solides chaussures de rando (ne faites pas comme moi quoi, je m'en suis vraiment mordu les doigts...).
Au pied des sentiers, vous trouverez d'innombrables boutiques qui proposent absolument tout ce dont vous pourrez avoir besoin pour randonner (y compris de la nourriture). Il y a pas mal de monde, donc évitez le WE dans la mesure du possible. On vous donnera un plan à l'entrée, je ne l'ai pas trouvé très clair mais il faut dire que je n'ai pas trop cherché vu que j'ai rencontré mon vieux sympathoche qui me guidait et m'empêchait de me casser la gueule :p





A Sokcho vous aurez accès aux merveilleuses montagnes du Seoraksan National Park [prendre le bus n°7 ou 7-1 et descendre à  Sogongwon Entrance bus stop; en fait vous descendrez avec tout le monde. L'accès au parc coûte quelques euros]. Après mes mésaventures au Bukhansan je craignais d'être mal équipée mais les chemins sont beaucoup mieux aménagés. Même s'ils montent et qu'il y a de sacrées marches à gravir, de bonnes baskets suffisent. Je vous conseille d'y passer au moins deux journées complètes. Les sentiers sont extrêmement bien balisés, il est impossible de se perdre (aucune carte n'est nécessaire; au pire vous pouvez toujours photographier celle à l'entrée). Le téléphérique vaut le coup, on a un beau panorama.


Les transports

Pour rallier le centre-ville depuis l'aéroport de Séoul en transport, vous avez 2 solutions:
---) prendre l'Express Train qui va directement de Incheon International Airport Station jusqu'à  Seoul Station (il y en a environ toutes les 35 minutes)
---) prendre le All Stop Train qui dessert toutes les stations depuis l'aéroport jusqu'à Seoul Station (il y en a à peu près toutes les 10 minutes)
Suivre les signes AREX (Airport Railroad Express) pour accéder aux trains et acheter vos tickets aux machines.

Pour aller de Séoul jusqu'à Sokcho, prendre le métro jusqu'à Gangbyeon station (la ligne 2 qui est verte) et emprunter la sortie n°4. Traverser la rue : en face se trouve la gare routière (Dong-Seoul). Il y a une quarantaine de bus par jour qui vont à Sokcho de 6h du matin jusqu'à 23h! (j'ai acheté mon billets 2 jours avant par sécurité, mais hors WE je pense que vous pouvez simplement vous pointer le jour J). Le trajet prendre environ 3h et inclut un stop pipi-casse-croûte. Les bus sont confortables et les places sont numérotées (il y a même des places seules, donc pas obligé de vous coltiner un voisin).




J'ai trouvé le métro de Séoul clair et facile à emprunter. Il n'y a pas de difficultés particulière pour se diriger et c’est bien indiqué (mieux qu'à Paris!). Le système est similaire à celui de toutes les métropoles asiatiques: un pass que l'on alimente aux machines, le montant est débité selon le trajet  aux bornes de sortie. 
A Sokcho j'ai pas mal marché et j'ai pris les bus quand ça faisait trop loin. Il faut payer directement au chauffeur en montant (attention à avoir de la monnaie). Idem, c’est facile de se débrouiller et pourtant je n'aime vraiment pas les bus.

Le dernier jour mon avion partait à 23h, donc je n'avais pas envie de me transporter mon sac-à-dos toute la journée....Sachez qu'il y a des consignes avec des casiers de tailles différentes dans beaucoup de stations de métro, c’est super pratique!


Les gens

On aborde là le point épineux de mon voyage...Je ne vais pas radoter vu que je me suis déjà suffisamment appesantie sur ce sujet tout au long des posts, mais de tous mes trips, je n'ai jamais eu aussi peu de contacts et de relations aussi désagréables avec les gens.

Pour résumer, il a fallu faire face :
- aux insupportables ajuma qui constituent vraiment une plaie nationale (pauvres jeunes, devoir se coltiner ça à longueur de temps, je les plains sincèrement) et que j'ai dû remettre plus d'une fois à leur place (et vas-y que je te bouscule dans le métro, et vas-y que je te gruge dans les files d'attente, etc.)
- aux vieux vicelards frustrés (on va dire + de 40 ans) qui me mataient comme un bout de viande, me fixaient, me tournaient autour, se plantaient devant moi, et tout ça sans gêne aucune. Je n'ai JAMAIS ressenti un tel malaise, y compris au fin fond de la Malaisie ou au Maghreb [bon OK dans le Sabah j'avais tapé un type qui m'avait pincé les fesses mais c'était vraiment un cas isolé!]
- aux adolescentes hystériques
- aux gamins braillards et mal élevés, accompagnés de leurs parents tout aussi gueulards
- aux femmes d'un certain âge empêtrée dans un tel carcan de normes de genre qu'elles baissaient les yeux et fuyaient dès que j'essayais de rentrer en contact
- à la foule qui a manifestement un problème d'orientation (ils se cognent sans arrêt les uns aux autres et semblent désorientés dès qu'il y a un obstacle sur leur route, on dirait qu'ils ne savent pas comment réagir, c'est vraiment étrange?!) et qui n'a aucune jugeotte [une anecdote pour vous donner un aperçu de cette brillante intelligence : de retour sur Séoul, quand je suis descendue du bus, le chauffeur avait tellement collé le véhicule contre un autre bus qu'il y avait très peu d'espace pour aller chercher son sac dans la soute. Je laisse donc la personne devant moi prendre son sac et faire demi-tour (ben oui logique!). Quand arrive mon tour, je prends mon sac, je me retourne et je vois deux débiles qui s'étaient empressés de s'engouffrer derrière moi, je ne pouvais plus ressortir. Bande d'abrutis, j'ai dû les engueuler pour qu'ils reculent. Et ce n'est pas un exemple isolé...]




Pour avoir parlé avec d'autres touristes, je me suis rendue compte qu'ils n'avaient pas eu de rapports aussi désastreux avec les gens. Dans mon cas je pense que le fait d'être une femme seule avec un physique un peu atypique a malheureusement joué contre moi...Heureusement j'ai quand même fait quelques belles rencontres, mais globalement je me suis sentie très isolée tout le voyage.


Mes apparts

J'ai trouvé les deux sur Airbnb et j'en étais très contente.

A Séoul j'ai loué ce studio, il était à la fois spacieux, clair et bien situé (dans le quartier d'Itaewon). En plus le lit était super agréanle. Les environs immédiats étaient pas tops tops mais franchement ça allait. Après une grosse pente (qui me soulait tellement que je faisais la montée en courant) on se retrouve dans une grande rue commerçante avec le métro.


 La jolie petite terrasse
 La vue dégagée
 

 
 Un bon bouquin et un bon curry de légumes après la journée de visites: le bonheur!


A Sokcho j'ai loué ce studio. Hojoon, son propriétaire, est très gentil et accueillant. L'appart est situé à proximité immédiate de la gare routière et d'un arrêt de bus permettant notamment d'aller au Seoraksan National Park; donc très pratique. J'ai adoré la vue sur le lac, je me tapais de magnifiques couchers de soleil tous les soirs!





 Hojoon m'avait laissé de délicieux thés, j'ai tellement aimé celui au cacao et coco 
que je m'en suis recommandé ensuite sur ebay!


La Corée sans gluten, sans lactose et veggy!

Ouhlala que j'ai galéré... La Corée est le pays le plus anti-végétarien que j'ai jamais visité (et à l'époque j'étais même pas encore vegan!). Comme affirme Hojoon avec ébahissement: "Ici ça n'existe pas!". Il y a de la viande, du poisson ou des fruits de mer absolument PARTOUT! A tel point que même au resto indien (qui est quand même le fief des végétariens en milieu hostile) j'ai retrouvé des bouts de viande dans mes currys de légumes. Peut-être que si je n'avais pas eu toutes mes intolérances ça aurait été un peu plus simple, mais vu le nombre effarants d'autres trucs auquel je réagis, y avait toujours un truc qui n'allait pas. Et étant donné qu'ils étaient souvent aimables comme des culs, j'ai préféré me débrouiller par moi-même.

J'ai survécu la plupart du temps grâce aux 7 Eleven and co avec les chips nature, les œufs durs, les fruits et les onigiri. Heureusement j'ai parfois trouvé des supermarchés, le bonheur!! Pour le coup ils étaient super bien achalandés. Y avait plein de légumes, de fruits à gogo (chers par contre), de légumineuses, de riz, de nouilles de riz, de beurre de cacahuètes, etc.


De la verdure, je revis! (lapinou sors de mon corps!)




J'ai mangé une seule fois à un resto coréen, 
ils ont été très gentils et ont bien voulu retirer la viande d'un plat
J'ai ramené des gâteaux de riz (les fameux tteok à base de riz gluant) à Juju

Ce qui m'a posé le plus de problème - au-delà du fait que c'était galère pour manger - c'est que l'espace public est littéralement envahi d'images d'animaux morts. Dans le genre, vous vous baladez dans la rue, sur les murs sont placardées d'immenses affiches de viande sanguinolente. Ou bien ils mettent des représentations d'animaux trop mignons (mais vraiment mode kawaï) à côté de photos de steak ou de pilons de poulet...Ils n'ont absolument aucune conscience que ce qu'il y a dans leur assiette provient d'un être vivant et sentient (encore pire que chez nous je trouve), la dissociation est totale.

A Sokcho ça m'a fait mal au cœur de voir ces pauvres crevettes, crabes et compagnie, qui attendaient entassés dans de minuscules aquariums devant les restos d'être ébouillantés...Bref, la Corée dans le genre spéciste on peut difficilement faire pire et attendez-vous à voir vos valeurs mises à mal en permanence autour de vous.


14 avr. 2012

Aspects pratiques Japon III (Okinawa, Ishigaki et Iriomote)



Dans le billet aspects pratiques Japon I vous trouverez des infos sur les grandes villes visitées classiquement lors d'un d'un premier voyage nippon; dans le billet aspects pratiques Japon II les infos portent sur les parcs nationaux d'Hokkaido et l'île de Yakushima; et dans ce billet-ci ce sont les destinations des îles à l'extrême sud qui sont à l'honneur.


Le climat (janvier)

Les îles à l'extrême sud de l'archipel bénéficient d'un climat subtropical, donc normalement les températures d'hiver ne sont pas censés descendre en-dessous des 13-14°. On était sceptiques vu que juste à côté au nord de Taiwan on avait eu assez froid à cette période de l'année. Eh ben on aurait dû se fier à notre intuition parce qu'on a littéralement caillé à Okinawa!

Les gens étaient tous en doudoune avec des gants, nous avec nos petits pulls on grelottait. Il devait faire dans les 10° mais avec le vent on avait l'impression qu'il faisait à peine 7°, on empilait les couches pour dormir sous la tente et malgré ça on était complètement gelés au petit matin. En plus on a eu un temps de merde, il ne pleuvait pas des cordes mais c'était de la vieille bruine ou des averses hyper désagréables. Il n'y a qu'à Ishigaki qu'il a fait vraiment beau.

Personnellement je vous conseille de partir plus tard dans l'année, ou si vous y allez en hiver prévoyez de quoi vous couvrir chaudement! N'oubliez surtout pas votre k-way.


Les gens

Autant dans le reste de l'archipel on avait été frustrés de ne pas pouvoir bien communiquer, autant là on a vraiment fait de chouettes rencontres! De nos trois voyages nippons c'est celui qui m'a le plus emballée de ce point de vue-là. Avec la présence militaire à Okinawa les gens parlent en effet anglais, plus ou moins bien mais même à Iriomote on a pu avoir des échanges avec les habitants.

Il y a apparemment très peu d'Occidentaux qui se déplacent jusque dans ces îles et on a toujours été reçus à bras ouverts. Les gens étaient contents de nous voir, ils nous invitaient à boire un coup avec eux, nous posaient spontanément des questions sur d'où l'on venait ou ce qu'on avait déjà vu au Japon, et s'extasiaient sur le fait qu'on campait c'était assez marrant! Globalement j'ai eu l'impression qu'on nous chouchoutait, surtout à Iriomote où les gens étaient absolument adorables.


Les transports

Comme d'habitude on est passés par ToCoo pour louer les voitures (allez voir ici pour les modalités pratiques pour le permis). Ca me paraît assez difficile de s'en passer, surtout hors-saison, car les bus publics sont rares et s'arrêtent de passer relativement tôt dans l'après-midi.

Le GPS donnait les indications en anglais, sauf à Iriomote où tout était en japonais; en même temps vu qu'il n'y a qu'une route c'est difficile de se perdre! (pour info on rentre le numéro de téléphone de la destination, c'est très pratique). Le GPS nous a surtout été utile pour la chasse aux campings car ils ne sont que rarement indiqués sur les cartes papiers.


Ils proposent beaucoup de cubes,le nôtre était immense on aurait dit un van!

Pour se déplacer entre les îles:
-entre Tokyo et Okinawa on a pris un vol interne. Initialement on voulait arriver à Taiwan et prendre un bateau mais apparemment ceux-ci sont réservés aux taïwanais.
-entre Okinawa et Ishigaki on a pris aussi un vol interne; il existe des liaisons maritimes mais il faut bien se renseigner car elles ne fonctionnent pas pendant toutes les saisons.
-entre Ishigaki et Iriomote on a pris le bateau, il y en a plusieurs par jour. Iriomote compte plusieurs ports. Le dernier jour, on a eu la surprise de constater que celui d'où l'on devait partir était fermé, ce qui nous a obligés à nous rendre de l'autre côté de l'île en 4ème vitesse; donc prévoyez de la marge si vous avez ensuite un avion à prendre à Ishigaki.

S'il fait beau vous aurez la chance d'admirer les fonds marins d'Ishigaki depuis l'avion,
c'est tout bonnement magnifique

Les randos et les activités

Globalement il y a assez peu de grosses randos, mais pas mal de petites balades avec de jolis points de vue. C'est parfois assez galère pour trouver le point de départ, le GPS nous a été bien utile pour le localiser. Si vous aimez les plages vous serez comblé car elles sont sublimes, de vraies cartes postales avec l'eau turquoise transparente et le sable blanc! De notre point de vue les plus belles se trouvent à Ishigaki; et il ne faut pas hésiter à longer la bordure de végétation pour atteindre parfois des petites criques vierges où vous aurez l'impression d'être seul au monde...

Les incursions dans la jungle sont très dépaysantes, c'est vraiment différent de ce qu'on a pu voir jusque là. C'est assez bizarre d'ailleurs car on ne rencontre quasiment pas d'animaux et on n'entend même pas les oiseaux (attention aux habu). Niveau végétation on a largement préféré celle de Yakushima; là la nature est limite hostile tant c'est dense, humide et sombre. Il faut de bonnes chaussures de marche car les chemins sont souvent boueux et glissants.

Un petit récapitulatif sur le trail traversant Iriomote (on l'a pas fait):
-il faut s'enregistrer à la police
-le trail fait 18km de long
-apparemment il n'y a pas de refuge pour dormir
-il vaut mieux le faire en pleine saison car il y a du monde, en hiver quasiment personne ne le fait. De plus en hiver le chemin risque d'être encombré par des arbres qui seront tombés
-il n'y a pas de réseau or il faut savoir qu'il y a plein de habu qui traînent dans le coin
-prévoyez de ne pas finir le trail trop tard parce qu'il vous faudra ensuite attraper un bus ou faire du stop pour reprendre votre voiture au nord

A Iriomote c'est très sympa de faire du kayak. De nombreuses guest houses en louent. On vous fait un petit entraînement à terre et ensuite vogue la galère! On vous donne une carte pour que vous vous dirigiez sur la rivière et dans la forêt pour aller voir des cascades (je vous conseille de louer leurs chaussures spéciales car les chemins sont hyper glissants). Ca a été une super expérience; ça vaut le coup car c'est une façon originale de découvrir la mangrove.

Les habu

Les habu sont les serpents venimeux locaux qui peuplent toutes les îles japonaises du sud, avec trois degrés de dangerosité: soit vous crevez tout de suite (Okinawa), soit vous pouvez quand même vous traîner sur quelques kilomètres (Ishigaki), soit vous êtes large et vous pouvez rallier sans trop vous presser l'hôpital le plus proche (Iriomote). En tous les cas ne courez pas car ça active la diffusion du poison. Deux détails qui ont leur importance: la charmante bête est ralentie en hiver mais n'hiberne pas; et elle est tout aussi bien aquatique que terrestre.

Il est coutume de se moquer de la peur des Japonais face au habu car il serait très rare de le croiser. N'empêche qu'on en a quand même vu un traverser le chemin à un mètre devant nous; à bon entendeur...


C'est assez facile de reconnaître un habu à sa grosse tête plate caractéristique

Le camping et les hôtels

Un seul mot pour résumer notre expérience du camping dans les îles: GALERE!! On se doutait que ce serait assez problématique de camper hors-saison mais on n'aurait jamais imaginé que ça le serait autant...Les trois quarts des campings étaient fermés ou n'existaient plus, et parmi ceux qui étaient ouverts, pas mal étaient hors de prix (20 euros pour planter sa tente sans avoir même droit à de l'eau chaude, faut pas pousser mémé dans les orties!).
Un lien intéressant pour visualiser les campings sur Okinawa: clic

Autre gros souci: bêtement on s'était dit qu'il y aurait des onsen partout comme dans le nord. Sauf qu'évidemment, pas de volcan, pas de onsen! Donc si c'est très facile de faire du camping sauvage, il faut néanmoins se faire à l'idée de ne pas se laver tous les jours...(on trouve en revanche des toilettes partout).

Ajouté à ça qu'on grelottait de froid la nuit (à Okinawa surtout, le reste ça a été), c'est clair que ce n'est pas de ce voyage qu'on gardera nos plus beaux souvenirs de camping! Bon sinon il faut quand même reconnaître que les paysages sont magnifiques et que c'est très facile de trouver un joli coin sauvage pour planter sa tente.


Hotel Best Western Naha Inn (Naha, Okinawa): pour le premier soir on avait réservé dans cet hôtel et on a dormi comme des rois. La chambre était spacieuse et la vue dégagée; en plus le petit-déjeuner est compris.

La vue sur Naha

 Old Castle hotel (Nago, Okinawa): cet hôtel porte bien son nom! Il est vieux, moche, il n'y a de l'eau chaude qu'à certaines heures et le type à l'accueil est complètement abruti, j'ai failli me friter avec! Bref passez votre chemin, sauf si comme nous vous n'avez pas envie de dormir dans votre voiture...

Hiji Camping grounds (Hiji waterfalls, Okinawa nord): ce camping est situé à l'entrée du chemin menant à la cascade (donc en gros vous avez tout le monde qui passe devant votre tente!). Il est cher et les gens ne sont pas très aimables.

Kunigami Village Forest Park camping (Okinawa nord ouest): ce camping situé en plein cœur de la forêt est vraiment bien aménagé. C'était un peu glauque car on était tous seuls et il faisait moche, mais le coin est joli et il y a même de l'eau chaude (on se douche dans une sorte de bunker c'est rigolo). Possibilité de louer des bungalows.


Pas très loin de Kunigami Village Forest Park en nous baladant en voiture le long de la côte, on est tombés sur un coin absolument sublime pour faire du camping sauvage. Bon mes indications ne sont pas du tout précises mais qui sait, peut-être que vous trouverez! A partir de la route il faut emprunter à pied un petit chemin qui s'enfonce dans le bois, juste à côté d'un centre de retraite évangélique abandonné (ça fait trop peur, on dirait un décor de film d'horreur!). Vous allez longer le centre le long d'un grillage et ensuite vous déboucherez sur un terrain dégagé qui surplombe la mer. En descendant vous arriverez sur une plage aux eaux turquoises.




On peut faire sans problème du camping sauvage aux alentours de Mibaru Beach (Okinawa sud). Pour être tranquille, le mieux c'est de s'éloigner de la plage en continuant à suivre la route le long de la côte (il y a des champs); elle finit par un cul de sac. Là vous garez la voiture et vous empruntez un petit chemin qui conduit à une immense plage complètement sauvage.



Yonehara campsite (Ishigaki): ce camping est situé juste à côté de la très jolie plage de Yonehara. Il était malheureusement fermé à cette époque de l'année (eau coupée), mais apparemment il y a des douches.

Impossible de me rappeler le nom du camping où on a dormi à Ishigaki (c'était un nom de fleur je crois), mais vu qu'il n'y en a que deux sur l'île ça limite les possibilités! Vous devriez donc le trouver facilement à l'aide du GPS. Il est très agréable, spacieux, situé à deux pas d'une belle plage et comporte des cabines de douche à pièces (faites le plein!).



Mitorea campground (Iriomote): on y a dormi 5 nuits et on en a été très satisfaits! Le cadre n'est pas extraordinaire car les propriétaires -pas super aimables au demeurant- ont amassé un drôle de bric-à-brac, mais il est vraiment confortable. Les douches sont top, il y a une belle table abritée et on peut se faire à manger puisqu'est mis à disposition des campeurs un barbecue, du petit bois, de l'essence et un coin cuisine avec tout ce qu'il faut pour cuisiner (casseroles, couverts, etc.). Il n'est pas très facile à trouver car il y a juste un petit panneau caché par la végétation qui indique la bifurcation, il faut tourner à gauche et l'entrée du camping est face au gros pylône.


On peut aussi louer des drôles de bungalows

La nourriture


Moi qui adore le poisson et les fruits de mer j'étais aux anges car on en propose quasiment partout! Les sashimi étaient particulièrement bons, ils comptent parmi les meilleurs que j'ai mangés au Japon. Le porc est à l'honneur, et même si c'est pas du tout mon truc j'avoue qu'il est vraiment goûteux. On a été particulièrement bien reçus dans les petits restos où on a sympathisé plus d'une fois avec les gens.

A Nago avec une madame originale et sympathique qui avait drôlement bien décoré son bar
(mention spéciale à l'assiette Michelle Obama!)
Patates sautées sur plaques chauffantes, huuuumm
Au sud on trouve une chaîne de supérette qu'on n'avait jamais encore jamais vue: Coco. Certaines sont spécialisées dans la boulange (Coco de bake) et Fabien s'est régalé avec leurs bonnes brioches. Ce qui est très pratique dans les supérettes c'est qu'il y a souvent des cuisines et ils proposent des plats à emporter, parfait pour le midi.


Ca fait rêver...
Sur le net on lit parfois qu'il faut ramener sa nourriture à Iriomote, faut arrêter de délirer il y a quand même deux milles personnes qui y vivent et ils ne vont pas chercher leur bouffe dans la forêt! Vous trouverez largement de quoi manger, il y a plein de petites izakaya et les quelques supérettes sont bien achalandées même si elles ne proposent pas forcément tout ce que vous avez coutume de voir dans le reste de l'archipel.

En tous les cas je vous conseille vivement d'aller manger à Sonai dans la petite izakaya juste en face de la supérette, c'est absolument délicieux et la famille est adorable. Dites au cuistot que vous venez de la part de Mymy et Fabien ses amis français et vous aurez peut-être aussi le droit de suivre un cours de gyoza à l'école!

Dans le sud ils proposent beaucoup de douceurs à base d'un fruit local de couleur violette, on n'a pas réussi à savoir son nom mais il est délicieux; n'hésitez pas à tenter un petit jus.


A droite une petite tige de canne à sucre qu'on nous avait gentiment offerte


Le Japon sans gluten et sans lactose


Au Japon votre ennemi est bien sûr la sauce soja! Il y en a partout mais c'est néanmoins possible de manger sans trop de problème entre les poissons, les fruits de mer, le riz et les légumes. Pour le midi dans les supérettes je prenais des sashimi et des onigiri (triangles de riz), mais attention à les choisir NATURE car dans les autres il y a de la sauce soja selon les vendeuses qui vérifiaient la liste des ingrédients pour moi. On achetait aussi pas mal de fruits (qui coûtent cher car ils sont importés) quand on en trouvait, et dans les supérettes ils vendent du beurre de cacahuètes. J'avais en outre ramené tous mes petits-déjeuners (vous ne trouverez rien sur place) et prévu une boîte de thon par jour au cas où.

Ce qui est génial pour les intolérants au gluten et au lactose, c'est que les Japonais n'ont pas pour habitude de foutre du blé, du lait ou du beurre partout. Donc au final malgré le problème de la sauce soja je trouve que c'est bien plus facile de se nourrir qu'en France! Je n'ai pas fait une seule erreur et pourtant j'ai pris des libertés, par exemple j'ai mangé des givrés et pour chaque pique-nique on achetait l'équivalent local des Pringles (qui contiennent chez nous de la maltodextrine et de la dextrose). Je vous conseille de ramener votre sauce soja sans farine ou de la vinaigrette car s'ils ne servent pas de pickles avec les sashimi c'est vraiment pas terrible...

Je vous conseille aussi vivement de préparer une fiche expliquant de manière simple ce que vous ne pouvez pas et surtout ce que vous pouvez manger. Avec google traduction c'est très simple de trouver les traductions japonaises. Il vaut mieux préparer une telle fiche car ils ne connaissent pas ce type d'intolérance. Dès que j'arrivais dans un resto je la leur montrai en m'excusant; ils se sont toujours montrés compréhensifs et se pliaient en quatre pour moi. Par contre ils ont beaucoup de mal à préparer quelque chose qui n'est pas à la carte (si je leur disais de me faire juste du riz avec des légumes par exemple, ils étaient très perplexes et préféraient décortiquer toute la carte avec le cuisinier!).

Voici ma fiche si ça peut vous aider!

Voilà voilà, ne vous privez pas d'un beau voyage au Japon à cause de vos intolérances, vous réussirez tout à fait à manger :)