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14 avr. 2012

Aspects pratiques Japon III (Okinawa, Ishigaki et Iriomote)



Dans le billet aspects pratiques Japon I vous trouverez des infos sur les grandes villes visitées classiquement lors d'un d'un premier voyage nippon; dans le billet aspects pratiques Japon II les infos portent sur les parcs nationaux d'Hokkaido et l'île de Yakushima; et dans ce billet-ci ce sont les destinations des îles à l'extrême sud qui sont à l'honneur.


Le climat (janvier)

Les îles à l'extrême sud de l'archipel bénéficient d'un climat subtropical, donc normalement les températures d'hiver ne sont pas censés descendre en-dessous des 13-14°. On était sceptiques vu que juste à côté au nord de Taiwan on avait eu assez froid à cette période de l'année. Eh ben on aurait dû se fier à notre intuition parce qu'on a littéralement caillé à Okinawa!

Les gens étaient tous en doudoune avec des gants, nous avec nos petits pulls on grelottait. Il devait faire dans les 10° mais avec le vent on avait l'impression qu'il faisait à peine 7°, on empilait les couches pour dormir sous la tente et malgré ça on était complètement gelés au petit matin. En plus on a eu un temps de merde, il ne pleuvait pas des cordes mais c'était de la vieille bruine ou des averses hyper désagréables. Il n'y a qu'à Ishigaki qu'il a fait vraiment beau.

Personnellement je vous conseille de partir plus tard dans l'année, ou si vous y allez en hiver prévoyez de quoi vous couvrir chaudement! N'oubliez surtout pas votre k-way.


Les gens

Autant dans le reste de l'archipel on avait été frustrés de ne pas pouvoir bien communiquer, autant là on a vraiment fait de chouettes rencontres! De nos trois voyages nippons c'est celui qui m'a le plus emballée de ce point de vue-là. Avec la présence militaire à Okinawa les gens parlent en effet anglais, plus ou moins bien mais même à Iriomote on a pu avoir des échanges avec les habitants.

Il y a apparemment très peu d'Occidentaux qui se déplacent jusque dans ces îles et on a toujours été reçus à bras ouverts. Les gens étaient contents de nous voir, ils nous invitaient à boire un coup avec eux, nous posaient spontanément des questions sur d'où l'on venait ou ce qu'on avait déjà vu au Japon, et s'extasiaient sur le fait qu'on campait c'était assez marrant! Globalement j'ai eu l'impression qu'on nous chouchoutait, surtout à Iriomote où les gens étaient absolument adorables.


Les transports

Comme d'habitude on est passés par ToCoo pour louer les voitures (allez voir ici pour les modalités pratiques pour le permis). Ca me paraît assez difficile de s'en passer, surtout hors-saison, car les bus publics sont rares et s'arrêtent de passer relativement tôt dans l'après-midi.

Le GPS donnait les indications en anglais, sauf à Iriomote où tout était en japonais; en même temps vu qu'il n'y a qu'une route c'est difficile de se perdre! (pour info on rentre le numéro de téléphone de la destination, c'est très pratique). Le GPS nous a surtout été utile pour la chasse aux campings car ils ne sont que rarement indiqués sur les cartes papiers.


Ils proposent beaucoup de cubes,le nôtre était immense on aurait dit un van!

Pour se déplacer entre les îles:
-entre Tokyo et Okinawa on a pris un vol interne. Initialement on voulait arriver à Taiwan et prendre un bateau mais apparemment ceux-ci sont réservés aux taïwanais.
-entre Okinawa et Ishigaki on a pris aussi un vol interne; il existe des liaisons maritimes mais il faut bien se renseigner car elles ne fonctionnent pas pendant toutes les saisons.
-entre Ishigaki et Iriomote on a pris le bateau, il y en a plusieurs par jour. Iriomote compte plusieurs ports. Le dernier jour, on a eu la surprise de constater que celui d'où l'on devait partir était fermé, ce qui nous a obligés à nous rendre de l'autre côté de l'île en 4ème vitesse; donc prévoyez de la marge si vous avez ensuite un avion à prendre à Ishigaki.

S'il fait beau vous aurez la chance d'admirer les fonds marins d'Ishigaki depuis l'avion,
c'est tout bonnement magnifique

Les randos et les activités

Globalement il y a assez peu de grosses randos, mais pas mal de petites balades avec de jolis points de vue. C'est parfois assez galère pour trouver le point de départ, le GPS nous a été bien utile pour le localiser. Si vous aimez les plages vous serez comblé car elles sont sublimes, de vraies cartes postales avec l'eau turquoise transparente et le sable blanc! De notre point de vue les plus belles se trouvent à Ishigaki; et il ne faut pas hésiter à longer la bordure de végétation pour atteindre parfois des petites criques vierges où vous aurez l'impression d'être seul au monde...

Les incursions dans la jungle sont très dépaysantes, c'est vraiment différent de ce qu'on a pu voir jusque là. C'est assez bizarre d'ailleurs car on ne rencontre quasiment pas d'animaux et on n'entend même pas les oiseaux (attention aux habu). Niveau végétation on a largement préféré celle de Yakushima; là la nature est limite hostile tant c'est dense, humide et sombre. Il faut de bonnes chaussures de marche car les chemins sont souvent boueux et glissants.

Un petit récapitulatif sur le trail traversant Iriomote (on l'a pas fait):
-il faut s'enregistrer à la police
-le trail fait 18km de long
-apparemment il n'y a pas de refuge pour dormir
-il vaut mieux le faire en pleine saison car il y a du monde, en hiver quasiment personne ne le fait. De plus en hiver le chemin risque d'être encombré par des arbres qui seront tombés
-il n'y a pas de réseau or il faut savoir qu'il y a plein de habu qui traînent dans le coin
-prévoyez de ne pas finir le trail trop tard parce qu'il vous faudra ensuite attraper un bus ou faire du stop pour reprendre votre voiture au nord

A Iriomote c'est très sympa de faire du kayak. De nombreuses guest houses en louent. On vous fait un petit entraînement à terre et ensuite vogue la galère! On vous donne une carte pour que vous vous dirigiez sur la rivière et dans la forêt pour aller voir des cascades (je vous conseille de louer leurs chaussures spéciales car les chemins sont hyper glissants). Ca a été une super expérience; ça vaut le coup car c'est une façon originale de découvrir la mangrove.

Les habu

Les habu sont les serpents venimeux locaux qui peuplent toutes les îles japonaises du sud, avec trois degrés de dangerosité: soit vous crevez tout de suite (Okinawa), soit vous pouvez quand même vous traîner sur quelques kilomètres (Ishigaki), soit vous êtes large et vous pouvez rallier sans trop vous presser l'hôpital le plus proche (Iriomote). En tous les cas ne courez pas car ça active la diffusion du poison. Deux détails qui ont leur importance: la charmante bête est ralentie en hiver mais n'hiberne pas; et elle est tout aussi bien aquatique que terrestre.

Il est coutume de se moquer de la peur des Japonais face au habu car il serait très rare de le croiser. N'empêche qu'on en a quand même vu un traverser le chemin à un mètre devant nous; à bon entendeur...


C'est assez facile de reconnaître un habu à sa grosse tête plate caractéristique

Le camping et les hôtels

Un seul mot pour résumer notre expérience du camping dans les îles: GALERE!! On se doutait que ce serait assez problématique de camper hors-saison mais on n'aurait jamais imaginé que ça le serait autant...Les trois quarts des campings étaient fermés ou n'existaient plus, et parmi ceux qui étaient ouverts, pas mal étaient hors de prix (20 euros pour planter sa tente sans avoir même droit à de l'eau chaude, faut pas pousser mémé dans les orties!).
Un lien intéressant pour visualiser les campings sur Okinawa: clic

Autre gros souci: bêtement on s'était dit qu'il y aurait des onsen partout comme dans le nord. Sauf qu'évidemment, pas de volcan, pas de onsen! Donc si c'est très facile de faire du camping sauvage, il faut néanmoins se faire à l'idée de ne pas se laver tous les jours...(on trouve en revanche des toilettes partout).

Ajouté à ça qu'on grelottait de froid la nuit (à Okinawa surtout, le reste ça a été), c'est clair que ce n'est pas de ce voyage qu'on gardera nos plus beaux souvenirs de camping! Bon sinon il faut quand même reconnaître que les paysages sont magnifiques et que c'est très facile de trouver un joli coin sauvage pour planter sa tente.


Hotel Best Western Naha Inn (Naha, Okinawa): pour le premier soir on avait réservé dans cet hôtel et on a dormi comme des rois. La chambre était spacieuse et la vue dégagée; en plus le petit-déjeuner est compris.

La vue sur Naha

 Old Castle hotel (Nago, Okinawa): cet hôtel porte bien son nom! Il est vieux, moche, il n'y a de l'eau chaude qu'à certaines heures et le type à l'accueil est complètement abruti, j'ai failli me friter avec! Bref passez votre chemin, sauf si comme nous vous n'avez pas envie de dormir dans votre voiture...

Hiji Camping grounds (Hiji waterfalls, Okinawa nord): ce camping est situé à l'entrée du chemin menant à la cascade (donc en gros vous avez tout le monde qui passe devant votre tente!). Il est cher et les gens ne sont pas très aimables.

Kunigami Village Forest Park camping (Okinawa nord ouest): ce camping situé en plein cœur de la forêt est vraiment bien aménagé. C'était un peu glauque car on était tous seuls et il faisait moche, mais le coin est joli et il y a même de l'eau chaude (on se douche dans une sorte de bunker c'est rigolo). Possibilité de louer des bungalows.


Pas très loin de Kunigami Village Forest Park en nous baladant en voiture le long de la côte, on est tombés sur un coin absolument sublime pour faire du camping sauvage. Bon mes indications ne sont pas du tout précises mais qui sait, peut-être que vous trouverez! A partir de la route il faut emprunter à pied un petit chemin qui s'enfonce dans le bois, juste à côté d'un centre de retraite évangélique abandonné (ça fait trop peur, on dirait un décor de film d'horreur!). Vous allez longer le centre le long d'un grillage et ensuite vous déboucherez sur un terrain dégagé qui surplombe la mer. En descendant vous arriverez sur une plage aux eaux turquoises.




On peut faire sans problème du camping sauvage aux alentours de Mibaru Beach (Okinawa sud). Pour être tranquille, le mieux c'est de s'éloigner de la plage en continuant à suivre la route le long de la côte (il y a des champs); elle finit par un cul de sac. Là vous garez la voiture et vous empruntez un petit chemin qui conduit à une immense plage complètement sauvage.



Yonehara campsite (Ishigaki): ce camping est situé juste à côté de la très jolie plage de Yonehara. Il était malheureusement fermé à cette époque de l'année (eau coupée), mais apparemment il y a des douches.

Impossible de me rappeler le nom du camping où on a dormi à Ishigaki (c'était un nom de fleur je crois), mais vu qu'il n'y en a que deux sur l'île ça limite les possibilités! Vous devriez donc le trouver facilement à l'aide du GPS. Il est très agréable, spacieux, situé à deux pas d'une belle plage et comporte des cabines de douche à pièces (faites le plein!).



Mitorea campground (Iriomote): on y a dormi 5 nuits et on en a été très satisfaits! Le cadre n'est pas extraordinaire car les propriétaires -pas super aimables au demeurant- ont amassé un drôle de bric-à-brac, mais il est vraiment confortable. Les douches sont top, il y a une belle table abritée et on peut se faire à manger puisqu'est mis à disposition des campeurs un barbecue, du petit bois, de l'essence et un coin cuisine avec tout ce qu'il faut pour cuisiner (casseroles, couverts, etc.). Il n'est pas très facile à trouver car il y a juste un petit panneau caché par la végétation qui indique la bifurcation, il faut tourner à gauche et l'entrée du camping est face au gros pylône.


On peut aussi louer des drôles de bungalows

La nourriture


Moi qui adore le poisson et les fruits de mer j'étais aux anges car on en propose quasiment partout! Les sashimi étaient particulièrement bons, ils comptent parmi les meilleurs que j'ai mangés au Japon. Le porc est à l'honneur, et même si c'est pas du tout mon truc j'avoue qu'il est vraiment goûteux. On a été particulièrement bien reçus dans les petits restos où on a sympathisé plus d'une fois avec les gens.

A Nago avec une madame originale et sympathique qui avait drôlement bien décoré son bar
(mention spéciale à l'assiette Michelle Obama!)
Patates sautées sur plaques chauffantes, huuuumm
Au sud on trouve une chaîne de supérette qu'on n'avait jamais encore jamais vue: Coco. Certaines sont spécialisées dans la boulange (Coco de bake) et Fabien s'est régalé avec leurs bonnes brioches. Ce qui est très pratique dans les supérettes c'est qu'il y a souvent des cuisines et ils proposent des plats à emporter, parfait pour le midi.


Ca fait rêver...
Sur le net on lit parfois qu'il faut ramener sa nourriture à Iriomote, faut arrêter de délirer il y a quand même deux milles personnes qui y vivent et ils ne vont pas chercher leur bouffe dans la forêt! Vous trouverez largement de quoi manger, il y a plein de petites izakaya et les quelques supérettes sont bien achalandées même si elles ne proposent pas forcément tout ce que vous avez coutume de voir dans le reste de l'archipel.

En tous les cas je vous conseille vivement d'aller manger à Sonai dans la petite izakaya juste en face de la supérette, c'est absolument délicieux et la famille est adorable. Dites au cuistot que vous venez de la part de Mymy et Fabien ses amis français et vous aurez peut-être aussi le droit de suivre un cours de gyoza à l'école!

Dans le sud ils proposent beaucoup de douceurs à base d'un fruit local de couleur violette, on n'a pas réussi à savoir son nom mais il est délicieux; n'hésitez pas à tenter un petit jus.


A droite une petite tige de canne à sucre qu'on nous avait gentiment offerte


Le Japon sans gluten et sans lactose


Au Japon votre ennemi est bien sûr la sauce soja! Il y en a partout mais c'est néanmoins possible de manger sans trop de problème entre les poissons, les fruits de mer, le riz et les légumes. Pour le midi dans les supérettes je prenais des sashimi et des onigiri (triangles de riz), mais attention à les choisir NATURE car dans les autres il y a de la sauce soja selon les vendeuses qui vérifiaient la liste des ingrédients pour moi. On achetait aussi pas mal de fruits (qui coûtent cher car ils sont importés) quand on en trouvait, et dans les supérettes ils vendent du beurre de cacahuètes. J'avais en outre ramené tous mes petits-déjeuners (vous ne trouverez rien sur place) et prévu une boîte de thon par jour au cas où.

Ce qui est génial pour les intolérants au gluten et au lactose, c'est que les Japonais n'ont pas pour habitude de foutre du blé, du lait ou du beurre partout. Donc au final malgré le problème de la sauce soja je trouve que c'est bien plus facile de se nourrir qu'en France! Je n'ai pas fait une seule erreur et pourtant j'ai pris des libertés, par exemple j'ai mangé des givrés et pour chaque pique-nique on achetait l'équivalent local des Pringles (qui contiennent chez nous de la maltodextrine et de la dextrose). Je vous conseille de ramener votre sauce soja sans farine ou de la vinaigrette car s'ils ne servent pas de pickles avec les sashimi c'est vraiment pas terrible...

Je vous conseille aussi vivement de préparer une fiche expliquant de manière simple ce que vous ne pouvez pas et surtout ce que vous pouvez manger. Avec google traduction c'est très simple de trouver les traductions japonaises. Il vaut mieux préparer une telle fiche car ils ne connaissent pas ce type d'intolérance. Dès que j'arrivais dans un resto je la leur montrai en m'excusant; ils se sont toujours montrés compréhensifs et se pliaient en quatre pour moi. Par contre ils ont beaucoup de mal à préparer quelque chose qui n'est pas à la carte (si je leur disais de me faire juste du riz avec des légumes par exemple, ils étaient très perplexes et préféraient décortiquer toute la carte avec le cuisinier!).

Voici ma fiche si ça peut vous aider!

Voilà voilà, ne vous privez pas d'un beau voyage au Japon à cause de vos intolérances, vous réussirez tout à fait à manger :)



30 mars 2012

Île d'Iriomote, part 2



A Sonai à l'ouest d'Iriomote se trouve une petite izakaya tenue par une charmante famille. Le père est aux fourneaux, la mère est au service et les deux petites filles font leur devoir ou jouent dans le coin qui a été aménagé spécialement pour elles. On a poussé la porte complètement par hasard et on a tellement été séduits qu'on est retournés y manger chaque soir.

Au cours d'une discussion avec le cuistot on apprend qu'il donne régulièrement des cours de gyoza (raviolis japonais) dans l'école élémentaire située à deux pas. Ni une ni deux on annule notre séance de kayak et on s'incruste pour apprendre tous les secrets de fabrication des gyoza. Pour le coup je n'ai jamais vu Fabien si enthousiaste de se lever à 7h du mat, il était même prêt avant moi!

Arrivés devant l'école on était un peu stressés, on avait l'impression de faire notre rentrée des classes hihi! Les profs étaient finalement bien plus contentes de nous rencontrer que les enfants, eux s'en fichaient pas mal et étaient surtout excités à l'idée de cuisiner.

Ca a été une expérience formidable, on a vraiment adoré. L'ambiance était super sympa parce que les autres profs passaient de temps en temps mettre la main à la pâte, et tous parlaient anglais donc on a pu avoir plein d'échanges avec eux. Moi qui pensais que ce serait un petit cours vite fait que nenni! Pas question d'utiliser des feuilles de pâte toutes prêtes, les enfants ont dû tout préparer de A à Z. C'était un plaisir de les voir travailler, certes ils chahutaient comme tous les enfants mais ils étaient extrêmement respectueux; le petit discours traditionnel de remerciement à la fin des activités scolaires ne cessera décidément jamais de me surprendre...

Sensei ("maître") et ses élèves

Voici les différentes étapes de la préparation des gyoza:

1) on prépare la pâte qui est un mélange d'eau et de farine (là je me tenais en retrait, ça aurait été ballot de me taper une contamination!)

Elle est très compacte au début, il faut avoir de la poigne!
2) on émince finement le chou

A croire qu'il avait prévu notre arrivée celui-là!

3) on mélange la viande de porc haché avec de la graisse, de l'ail et de la ciboulette; et ensuite on ajoute le chou


4) on fait des petits boudins avec la pâte qui a reposé et on les coupe en tronçons


5) on étale la pâte pour faire des petits ronds


6) on les fourre, on fait un super pliage et on cuit à la poêle en versant dans un 2ème temps un peu d'eau pour qu'ils soient bien grillés en-dessous et moelleux au-dessus


7) on copie la recette au tableau dans son joli cahier

Certains ne sont pas très inspirés!
8) on pose un bol de sauce soja au milieu de la table et on regarde les gamins s'empiffrer gaiement!


Chaque professeur avait droit d'y goûter mais il y avait un nombre bien défini de gyoza par personne, heureusement pour eux que je n'en mangeais pas! Et pas de passe-droit pour le directeur qui s'est vu refuser catégoriquement un petit gyoza supplémentaire après avoir demandé plein d'espoir "Seulement un?"!


La prof d'anglais et la prof de tâches domestiques

Ce qui est dingue c'est qu'ils ont des cours de tâches domestiques et ce qui est super c'est que ça s'adresse indifféremment aux filles comme aux garçons. Dans la salle de classe il y avait plein de panneaux pour leur expliquer comment émincer les légumes, ranger leur chambre, plier le linge ou utiliser une machine à coudre.



Après cette matinée bien remplie on est partis faire un petit bout du trail qui traverse Iriomote du nord au sud. En fait on a énormément hésité à le faire en entier; voici quelques infos qu'on a réussies à glaner à droite à gauche si ça vous intéresse:

-il faut s'enregistrer à la police
-le trail fait 18km de long, mais comme c'est 18km de jungle on se traîne
-apparemment il n'y a pas de refuge pour dormir
-il vaut mieux le faire en pleine saison car il y a du monde, en hiver quasiment personne ne le fait. De plus en hiver le chemin risque d'être encombré par des arbres qui seront tombés
-il n'y a pas de réseau or il faut savoir qu'il y a plein de habu qui traînent dans le coin (outre les prévisions météo pourries c'est ça qui nous a démotivés; au printemps et en été c'est pas grave parce que y a d'autres randonneurs mais là c'était bof bof...)
-prévoyez de ne pas finir le trail trop tard parce qu'il vous faudra ensuite attraper un bus ou faire du stop pour reprendre votre voiture au nord

On a choisi de remonter le chemin en partant du sud, c'était sympa. On a assisté d'ailleurs à un hélitreuillage, je sais pas si le type s'était fait piquer par un habu ou s'était foulé la cheville mais pour le coup on s'est dit qu'on avait bien fait d'abandonner...


la Nakama-gawa
Le soir on a fait des courses à la supérette et on s'est lancés dans un barbuc au camping. On avait choisi notre soirée, ce fut un véritable déluge...Heureusement que y avait de l'essence pour allumer le bois parce que sinon on les bouffait crues nos crevettes! Enfin on s'est quand même amusés comme des petits fous et j'ai réussi à nous concocter un dessert digne de ce nom, vadrouille ou pas c'est plus fort que moi :p J'ai ouvert des bananes en deux, je les ai fourrés avec du chocolat et hop sur les braises entre deux assiettes alu, le résultat était divin huuuuum^^


Evidemment y a toujours des sales bestioles qui virevoltent et que Fabien trouve très photogéniques...

L'activité principale à Iriomote est le kayak. Je n'en avais jamais fait et comme je ne suis pas très sport d'eau j'appréhendais un peu, mais finalement c'était une super expérience. On a choisi de prendre un biplace (plus stable) parce qu'il faisait un temps de merde avec plein de vent, mais apparemment on a plus de sensation en solo (on vous propose de louer des chaussures spéciales qui accrochent, je vous le conseille fortement car ça glisse énormément sur le sentier). Le briefing sur la route était marrant, on avait pas l'air neuneus à pagayer dans le vide! Le type nous a dit que tous les couples revenaient fâchés, et comme on est du style à se taper dessus pour ce genre de trucs je pensais qu'on s'étriperait! Eh ben finalement même pas, ah j'étais fière de nous!

Ce que j'ai adoré dans le kayak c'est la sensation de liberté. C'était très dur par moment à cause du vent et du courant contraire, mais quel bonheur d'être dans la mangrove. En fait on nous laisse seuls avec le kayak et on nous donne un plan pour aller voir la cascade de Pinaisara. Après avoir réussi à amarrer la bête avec un triple nœud nous voilà donc partis pour le petit trail. Les racines des arbres sont vraiment hyper impressionnantes, c'est dommage ça ne rend pas bien parce qu'on a pris les photos avec la mini-caméra (vivi, vous aurez droit à un petit film!). Mais ce que j'ai préféré c'est la cascade (vue d'en bas car d'en haut on se rend moins compte), elle faisait un de ces boucans c'était un truc de dingue!

C'est parti mon kiki!
Pinaisara-no-taki, majestueuse
Pour notre dernière matinée, on a fait une petite croisière sur la Nakama-gawa. Soudainement sur le bateau on entend un cri de terreur et on voit une nana se lever en courant en désignant quelque chose par terre. La pauvre avait trouvé un serpent d'eau tranquillement lové à côté de son pied! Nous on était ravis, ça a mis un peu d'animation! Après que tout le monde l'a mitraillé, le capitaine l'a héroïquement remis à l'eau; un petit rappel qu'à Iriomote la nature est vraiment partout...



Le but de la croisière est d'aller admirer le plus gros arbre du Japon qui a des racines absolument énormes (jusqu'à 2 mètres de hauteur!), un vrai monument naturel.



Et voilà notre périple s'achevait, on est rentrés en bateau à Ishigaki, ensuite Tokyo (on n'aime définitivement pas cette ville! Il faut dire que le contraste avec Iriomote était rude) puis retour à Paris le moral dans les chaussettes...

Comme vous vous en doutez ce ne sera certainement pas notre dernier voyage au Japon, il nous reste encore plein de choses à découvrir et notamment des volcans à escalader :p

Pour finir: les traditionnels aspects pratiques