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14 avr. 2012

Aspects pratiques Japon III (Okinawa, Ishigaki et Iriomote)



Dans le billet aspects pratiques Japon I vous trouverez des infos sur les grandes villes visitées classiquement lors d'un d'un premier voyage nippon; dans le billet aspects pratiques Japon II les infos portent sur les parcs nationaux d'Hokkaido et l'île de Yakushima; et dans ce billet-ci ce sont les destinations des îles à l'extrême sud qui sont à l'honneur.


Le climat (janvier)

Les îles à l'extrême sud de l'archipel bénéficient d'un climat subtropical, donc normalement les températures d'hiver ne sont pas censés descendre en-dessous des 13-14°. On était sceptiques vu que juste à côté au nord de Taiwan on avait eu assez froid à cette période de l'année. Eh ben on aurait dû se fier à notre intuition parce qu'on a littéralement caillé à Okinawa!

Les gens étaient tous en doudoune avec des gants, nous avec nos petits pulls on grelottait. Il devait faire dans les 10° mais avec le vent on avait l'impression qu'il faisait à peine 7°, on empilait les couches pour dormir sous la tente et malgré ça on était complètement gelés au petit matin. En plus on a eu un temps de merde, il ne pleuvait pas des cordes mais c'était de la vieille bruine ou des averses hyper désagréables. Il n'y a qu'à Ishigaki qu'il a fait vraiment beau.

Personnellement je vous conseille de partir plus tard dans l'année, ou si vous y allez en hiver prévoyez de quoi vous couvrir chaudement! N'oubliez surtout pas votre k-way.


Les gens

Autant dans le reste de l'archipel on avait été frustrés de ne pas pouvoir bien communiquer, autant là on a vraiment fait de chouettes rencontres! De nos trois voyages nippons c'est celui qui m'a le plus emballée de ce point de vue-là. Avec la présence militaire à Okinawa les gens parlent en effet anglais, plus ou moins bien mais même à Iriomote on a pu avoir des échanges avec les habitants.

Il y a apparemment très peu d'Occidentaux qui se déplacent jusque dans ces îles et on a toujours été reçus à bras ouverts. Les gens étaient contents de nous voir, ils nous invitaient à boire un coup avec eux, nous posaient spontanément des questions sur d'où l'on venait ou ce qu'on avait déjà vu au Japon, et s'extasiaient sur le fait qu'on campait c'était assez marrant! Globalement j'ai eu l'impression qu'on nous chouchoutait, surtout à Iriomote où les gens étaient absolument adorables.


Les transports

Comme d'habitude on est passés par ToCoo pour louer les voitures (allez voir ici pour les modalités pratiques pour le permis). Ca me paraît assez difficile de s'en passer, surtout hors-saison, car les bus publics sont rares et s'arrêtent de passer relativement tôt dans l'après-midi.

Le GPS donnait les indications en anglais, sauf à Iriomote où tout était en japonais; en même temps vu qu'il n'y a qu'une route c'est difficile de se perdre! (pour info on rentre le numéro de téléphone de la destination, c'est très pratique). Le GPS nous a surtout été utile pour la chasse aux campings car ils ne sont que rarement indiqués sur les cartes papiers.


Ils proposent beaucoup de cubes,le nôtre était immense on aurait dit un van!

Pour se déplacer entre les îles:
-entre Tokyo et Okinawa on a pris un vol interne. Initialement on voulait arriver à Taiwan et prendre un bateau mais apparemment ceux-ci sont réservés aux taïwanais.
-entre Okinawa et Ishigaki on a pris aussi un vol interne; il existe des liaisons maritimes mais il faut bien se renseigner car elles ne fonctionnent pas pendant toutes les saisons.
-entre Ishigaki et Iriomote on a pris le bateau, il y en a plusieurs par jour. Iriomote compte plusieurs ports. Le dernier jour, on a eu la surprise de constater que celui d'où l'on devait partir était fermé, ce qui nous a obligés à nous rendre de l'autre côté de l'île en 4ème vitesse; donc prévoyez de la marge si vous avez ensuite un avion à prendre à Ishigaki.

S'il fait beau vous aurez la chance d'admirer les fonds marins d'Ishigaki depuis l'avion,
c'est tout bonnement magnifique

Les randos et les activités

Globalement il y a assez peu de grosses randos, mais pas mal de petites balades avec de jolis points de vue. C'est parfois assez galère pour trouver le point de départ, le GPS nous a été bien utile pour le localiser. Si vous aimez les plages vous serez comblé car elles sont sublimes, de vraies cartes postales avec l'eau turquoise transparente et le sable blanc! De notre point de vue les plus belles se trouvent à Ishigaki; et il ne faut pas hésiter à longer la bordure de végétation pour atteindre parfois des petites criques vierges où vous aurez l'impression d'être seul au monde...

Les incursions dans la jungle sont très dépaysantes, c'est vraiment différent de ce qu'on a pu voir jusque là. C'est assez bizarre d'ailleurs car on ne rencontre quasiment pas d'animaux et on n'entend même pas les oiseaux (attention aux habu). Niveau végétation on a largement préféré celle de Yakushima; là la nature est limite hostile tant c'est dense, humide et sombre. Il faut de bonnes chaussures de marche car les chemins sont souvent boueux et glissants.

Un petit récapitulatif sur le trail traversant Iriomote (on l'a pas fait):
-il faut s'enregistrer à la police
-le trail fait 18km de long
-apparemment il n'y a pas de refuge pour dormir
-il vaut mieux le faire en pleine saison car il y a du monde, en hiver quasiment personne ne le fait. De plus en hiver le chemin risque d'être encombré par des arbres qui seront tombés
-il n'y a pas de réseau or il faut savoir qu'il y a plein de habu qui traînent dans le coin
-prévoyez de ne pas finir le trail trop tard parce qu'il vous faudra ensuite attraper un bus ou faire du stop pour reprendre votre voiture au nord

A Iriomote c'est très sympa de faire du kayak. De nombreuses guest houses en louent. On vous fait un petit entraînement à terre et ensuite vogue la galère! On vous donne une carte pour que vous vous dirigiez sur la rivière et dans la forêt pour aller voir des cascades (je vous conseille de louer leurs chaussures spéciales car les chemins sont hyper glissants). Ca a été une super expérience; ça vaut le coup car c'est une façon originale de découvrir la mangrove.

Les habu

Les habu sont les serpents venimeux locaux qui peuplent toutes les îles japonaises du sud, avec trois degrés de dangerosité: soit vous crevez tout de suite (Okinawa), soit vous pouvez quand même vous traîner sur quelques kilomètres (Ishigaki), soit vous êtes large et vous pouvez rallier sans trop vous presser l'hôpital le plus proche (Iriomote). En tous les cas ne courez pas car ça active la diffusion du poison. Deux détails qui ont leur importance: la charmante bête est ralentie en hiver mais n'hiberne pas; et elle est tout aussi bien aquatique que terrestre.

Il est coutume de se moquer de la peur des Japonais face au habu car il serait très rare de le croiser. N'empêche qu'on en a quand même vu un traverser le chemin à un mètre devant nous; à bon entendeur...


C'est assez facile de reconnaître un habu à sa grosse tête plate caractéristique

Le camping et les hôtels

Un seul mot pour résumer notre expérience du camping dans les îles: GALERE!! On se doutait que ce serait assez problématique de camper hors-saison mais on n'aurait jamais imaginé que ça le serait autant...Les trois quarts des campings étaient fermés ou n'existaient plus, et parmi ceux qui étaient ouverts, pas mal étaient hors de prix (20 euros pour planter sa tente sans avoir même droit à de l'eau chaude, faut pas pousser mémé dans les orties!).
Un lien intéressant pour visualiser les campings sur Okinawa: clic

Autre gros souci: bêtement on s'était dit qu'il y aurait des onsen partout comme dans le nord. Sauf qu'évidemment, pas de volcan, pas de onsen! Donc si c'est très facile de faire du camping sauvage, il faut néanmoins se faire à l'idée de ne pas se laver tous les jours...(on trouve en revanche des toilettes partout).

Ajouté à ça qu'on grelottait de froid la nuit (à Okinawa surtout, le reste ça a été), c'est clair que ce n'est pas de ce voyage qu'on gardera nos plus beaux souvenirs de camping! Bon sinon il faut quand même reconnaître que les paysages sont magnifiques et que c'est très facile de trouver un joli coin sauvage pour planter sa tente.


Hotel Best Western Naha Inn (Naha, Okinawa): pour le premier soir on avait réservé dans cet hôtel et on a dormi comme des rois. La chambre était spacieuse et la vue dégagée; en plus le petit-déjeuner est compris.

La vue sur Naha

 Old Castle hotel (Nago, Okinawa): cet hôtel porte bien son nom! Il est vieux, moche, il n'y a de l'eau chaude qu'à certaines heures et le type à l'accueil est complètement abruti, j'ai failli me friter avec! Bref passez votre chemin, sauf si comme nous vous n'avez pas envie de dormir dans votre voiture...

Hiji Camping grounds (Hiji waterfalls, Okinawa nord): ce camping est situé à l'entrée du chemin menant à la cascade (donc en gros vous avez tout le monde qui passe devant votre tente!). Il est cher et les gens ne sont pas très aimables.

Kunigami Village Forest Park camping (Okinawa nord ouest): ce camping situé en plein cœur de la forêt est vraiment bien aménagé. C'était un peu glauque car on était tous seuls et il faisait moche, mais le coin est joli et il y a même de l'eau chaude (on se douche dans une sorte de bunker c'est rigolo). Possibilité de louer des bungalows.


Pas très loin de Kunigami Village Forest Park en nous baladant en voiture le long de la côte, on est tombés sur un coin absolument sublime pour faire du camping sauvage. Bon mes indications ne sont pas du tout précises mais qui sait, peut-être que vous trouverez! A partir de la route il faut emprunter à pied un petit chemin qui s'enfonce dans le bois, juste à côté d'un centre de retraite évangélique abandonné (ça fait trop peur, on dirait un décor de film d'horreur!). Vous allez longer le centre le long d'un grillage et ensuite vous déboucherez sur un terrain dégagé qui surplombe la mer. En descendant vous arriverez sur une plage aux eaux turquoises.




On peut faire sans problème du camping sauvage aux alentours de Mibaru Beach (Okinawa sud). Pour être tranquille, le mieux c'est de s'éloigner de la plage en continuant à suivre la route le long de la côte (il y a des champs); elle finit par un cul de sac. Là vous garez la voiture et vous empruntez un petit chemin qui conduit à une immense plage complètement sauvage.



Yonehara campsite (Ishigaki): ce camping est situé juste à côté de la très jolie plage de Yonehara. Il était malheureusement fermé à cette époque de l'année (eau coupée), mais apparemment il y a des douches.

Impossible de me rappeler le nom du camping où on a dormi à Ishigaki (c'était un nom de fleur je crois), mais vu qu'il n'y en a que deux sur l'île ça limite les possibilités! Vous devriez donc le trouver facilement à l'aide du GPS. Il est très agréable, spacieux, situé à deux pas d'une belle plage et comporte des cabines de douche à pièces (faites le plein!).



Mitorea campground (Iriomote): on y a dormi 5 nuits et on en a été très satisfaits! Le cadre n'est pas extraordinaire car les propriétaires -pas super aimables au demeurant- ont amassé un drôle de bric-à-brac, mais il est vraiment confortable. Les douches sont top, il y a une belle table abritée et on peut se faire à manger puisqu'est mis à disposition des campeurs un barbecue, du petit bois, de l'essence et un coin cuisine avec tout ce qu'il faut pour cuisiner (casseroles, couverts, etc.). Il n'est pas très facile à trouver car il y a juste un petit panneau caché par la végétation qui indique la bifurcation, il faut tourner à gauche et l'entrée du camping est face au gros pylône.


On peut aussi louer des drôles de bungalows

La nourriture


Moi qui adore le poisson et les fruits de mer j'étais aux anges car on en propose quasiment partout! Les sashimi étaient particulièrement bons, ils comptent parmi les meilleurs que j'ai mangés au Japon. Le porc est à l'honneur, et même si c'est pas du tout mon truc j'avoue qu'il est vraiment goûteux. On a été particulièrement bien reçus dans les petits restos où on a sympathisé plus d'une fois avec les gens.

A Nago avec une madame originale et sympathique qui avait drôlement bien décoré son bar
(mention spéciale à l'assiette Michelle Obama!)
Patates sautées sur plaques chauffantes, huuuumm
Au sud on trouve une chaîne de supérette qu'on n'avait jamais encore jamais vue: Coco. Certaines sont spécialisées dans la boulange (Coco de bake) et Fabien s'est régalé avec leurs bonnes brioches. Ce qui est très pratique dans les supérettes c'est qu'il y a souvent des cuisines et ils proposent des plats à emporter, parfait pour le midi.


Ca fait rêver...
Sur le net on lit parfois qu'il faut ramener sa nourriture à Iriomote, faut arrêter de délirer il y a quand même deux milles personnes qui y vivent et ils ne vont pas chercher leur bouffe dans la forêt! Vous trouverez largement de quoi manger, il y a plein de petites izakaya et les quelques supérettes sont bien achalandées même si elles ne proposent pas forcément tout ce que vous avez coutume de voir dans le reste de l'archipel.

En tous les cas je vous conseille vivement d'aller manger à Sonai dans la petite izakaya juste en face de la supérette, c'est absolument délicieux et la famille est adorable. Dites au cuistot que vous venez de la part de Mymy et Fabien ses amis français et vous aurez peut-être aussi le droit de suivre un cours de gyoza à l'école!

Dans le sud ils proposent beaucoup de douceurs à base d'un fruit local de couleur violette, on n'a pas réussi à savoir son nom mais il est délicieux; n'hésitez pas à tenter un petit jus.


A droite une petite tige de canne à sucre qu'on nous avait gentiment offerte


Le Japon sans gluten et sans lactose


Au Japon votre ennemi est bien sûr la sauce soja! Il y en a partout mais c'est néanmoins possible de manger sans trop de problème entre les poissons, les fruits de mer, le riz et les légumes. Pour le midi dans les supérettes je prenais des sashimi et des onigiri (triangles de riz), mais attention à les choisir NATURE car dans les autres il y a de la sauce soja selon les vendeuses qui vérifiaient la liste des ingrédients pour moi. On achetait aussi pas mal de fruits (qui coûtent cher car ils sont importés) quand on en trouvait, et dans les supérettes ils vendent du beurre de cacahuètes. J'avais en outre ramené tous mes petits-déjeuners (vous ne trouverez rien sur place) et prévu une boîte de thon par jour au cas où.

Ce qui est génial pour les intolérants au gluten et au lactose, c'est que les Japonais n'ont pas pour habitude de foutre du blé, du lait ou du beurre partout. Donc au final malgré le problème de la sauce soja je trouve que c'est bien plus facile de se nourrir qu'en France! Je n'ai pas fait une seule erreur et pourtant j'ai pris des libertés, par exemple j'ai mangé des givrés et pour chaque pique-nique on achetait l'équivalent local des Pringles (qui contiennent chez nous de la maltodextrine et de la dextrose). Je vous conseille de ramener votre sauce soja sans farine ou de la vinaigrette car s'ils ne servent pas de pickles avec les sashimi c'est vraiment pas terrible...

Je vous conseille aussi vivement de préparer une fiche expliquant de manière simple ce que vous ne pouvez pas et surtout ce que vous pouvez manger. Avec google traduction c'est très simple de trouver les traductions japonaises. Il vaut mieux préparer une telle fiche car ils ne connaissent pas ce type d'intolérance. Dès que j'arrivais dans un resto je la leur montrai en m'excusant; ils se sont toujours montrés compréhensifs et se pliaient en quatre pour moi. Par contre ils ont beaucoup de mal à préparer quelque chose qui n'est pas à la carte (si je leur disais de me faire juste du riz avec des légumes par exemple, ils étaient très perplexes et préféraient décortiquer toute la carte avec le cuisinier!).

Voici ma fiche si ça peut vous aider!

Voilà voilà, ne vous privez pas d'un beau voyage au Japon à cause de vos intolérances, vous réussirez tout à fait à manger :)



26 févr. 2012

Ile d'Okinawa, part 2



Après notre petit trail avorté dans la forêt on était restés un peu sur notre faim, donc nous voilà partis pour le Dai Sekirinzan; complètement par hasard d'ailleurs puisqu'on était tombés sur des photos d'un dépliant qui nous avait donné envie. Grand bien nous a pris car c'était absolument superbe et c'est là qu'on a pu admirer les banians les plus impressionnants de notre vie, tous voyages confondus!

Le Dai Sekirinzan s'est développé il y a deux-cents millions d'années et est réputé pour son relief karstique. Les rochers y sont effectivement très particuliers et le fait qu'ils soient disséminés dans une végétation tropicale rend les paysages encore plus beaux. La balade était super sympa, même sous la flotte.

Goku-rock
Un petit point de vue sur la côte
Un drôle de rocher en forme de tricératops!

Jusqu'à présent les plus beaux banians qu'on avait vus étaient ceux du parc national de Kenting à Taiwan, mais ce n'est rien à côté de l'incroyable spécimen qu'on a pu admirer au Dai Sekirinzan (apparemment c'est l'arbre qui a le plus gros tronc de tout le Japon). Une véritable force de la nature à côté de laquelle on se sent tout petit, on en était babas! Le chemin continue ensuite de serpenter parmi d'autres banians pour redescendre jusqu'au parking, vraiment une chouette promenade!

Si vous avez de très bons yeux vous me trouverez, on voit un peu ma tête qui dépasse :p

On a fini la journée en poussant jusqu'au point le plus au nord d'Okinawa, le cap Hedo. La vue doit être superbe quand il fait soleil, bon là évidemment il fallait s'accrocher au parapluie pour que le vent ne nous l'arrache pas des mains! En tout cas c'était cool de voir et surtout d'entendre les vagues se fracasser contre les falaises, les éléments étaient complètement déchaînés...



Après un long trajet pour rentrer sur Naha, on a dîné dans une izakaya super sympa tenue par des jeunes qui se sont mis en quatre pour que je puisse manger. Ils étaient franchement adorables et on a passé une très bonne soirée; ça faisait plaisir de pouvoir discuter avec des Japonais qui parlaient anglais!



Après une bonne nuit de sommeil à l'hôtel on est partis visiter le château Shuri, l'ancienne résidence de la famille royale du Ryukyu, un royaume indépendant entre 1429 et 1879 (les parkings coûtent la peau des fesses, n'hésitez pas à tourner autour du château car il y a des sortes de terrains vagues où l'on peut stationner gratuitement). D'habitude on est contents d'avoir à enlever nos chaussures pour s'aérer les pieds en pleine chaleur, ben là je peux vous dire qu'à la fin on avait les orteils gelés! L'intérieur du château est joli et pour une fois j'ai trouvé les informations intéressantes (je sais pas vous mais moi la plupart du temps dans ce genre de visites j'ai à peine fini de lire les panneaux que j'ai instantanément tout oublié!)


Un dragon pour te donner des idées pour ta future demi-manchette ma Titite!
Le trône royal
Les visites culturelles c'est sympa mais nous ce qu'on préfère c'est quand même la nature et les bêbêtes! On était donc aux anges à l'Okinawa world, un genre de parc qui regroupe une grotte absolument sublime et un musée sur les habu. Qu'est qu'est-ce donc les habu? Ce sont les serpents venimeux locaux qui peuplent toutes les îles japonaises du sud, avec trois degrés de dangerosité: soit vous crevez tout de suite (île d'Okinawa), soit vous pouvez quand même vous traîner sur quelques kilomètres (île d'Ishigaki), soit vous êtes large et vous pouvez rallier tranquillou l'hôpital le plus proche (île d'Iriomote). Deux détails qui ont leur importance: la charmante bête est ralentie en hiver mais n'hiberne pas; et elle est tout aussi bien aquatique que terrestre.

Je ménage le suspense mais je peux d'ores et déjà vous dire que cette visite nous fut très profitable puisqu'on a ainsi pu identifier précisément à quoi ressemblait un habu...Le musée est très bien fait et permet notamment de voir ce qu'il adviendra de votre main ou de votre jambe si vous vous faites mordre (comme on peut s'y attendre c'est pas joli-joli!). Le clou c'est le habu-show où vous pouvez vous faire de petites frayeurs en toute sécurité. A la fin ils ont annoncé un duel entre un habu et une mangouste, j'hallucinais un peu mais en fait ils faisaient juste la course sous l'eau et l'adorable mangouste l'a remporté haut la main!

Il y avait aussi des souffleurs de verre,
je trouve ça toujours impressionnant de les regarder travailler

La spécialité c'est la bouteille d'alcool mariné avec le pauvre serpent au fond,
la version locale du crapaud dans Les Bronzés font du ski..
Huhu, voilà qui donne envie de plonger une tête!Avec un gros python inoffensif
Le habu en question
La grotte de Gyokusendo est la plus grande du Japon et est tout simplement féérique! Elle a trois cents mille ans et fait jusqu'à ving mètres de haut. On la parcourt sur près d'un kilomètre et ça représente déjà du chemin, difficile de se rendre compte qu'il existe de telles merveilles sous ses pieds quand on se balade dans le parc! C'est vraiment dommage qu'on n'ait pas réussi à prendre en photo la salle principale quand on rentre (l'appareil se couvrait instantanément de buée à cause de la chaleur humide qui y règne), mais j'en garde un souvenir inoubliable, c'était magique.

Des milliers de stalactites pendent du plafond
Une des plus grosses stalagmites du monde, si je me souviens bien elle faisait plus d'un mètre de large

Après nous en être pris plein les mirettes est survenu l'éternel problème: où dormir...On a un peu vadrouillé et on est tombés par hasard sur une superbe plage: Mibaru beach. Il était sensé y avoir un endroit pour camper et bien sûr c'était à nouveau un camping fantôme! Mais le coin était tellement joli qu'on a décidé de dormir sur une autre plage à côté, plus grande et plus déserte. Il y avait une espèce de mini falaise qui abritait super bien du vent mais j'avais trop les boules qu'on se fasse réveiller en pleine nuit par l'eau, du coup on a posé la tente en plein vent sur la verdure qui bordait la plage. Evidemment on l'a fait en urgence à moitié dans le noir car on est les spécialistes pour traînasser dans les jolis coins et se retrouver pris par la nuit...

Mibaru beach au crépuscule
Ensuite ça on a été manger et les types éméchés de la table d'à côté nous ont gentiment invités à boire un coup avec eux. On avait déjà tenté l'expérience à Tokyo et Fabien s'était retrouvé bourré comme un coin, alors la perspective de devoir prendre l'avion le lendemain nous a dissuadés d'accepter! (déjà qu'on a du mal à ne pas louper nos vols en temps normal, valait mieux pas tenter le diable!)

Nous voilà donc rentrés tout sagement à notre tente; ouhlala déjà dix heures il était grand temps de dormir! Après avoir enfilé mon pyjama, deux pulls, deux paires de chaussette et m'être emmitouflée dans mon écharpe je me préparais à une bonne nuit de sommeil...C'était sans compter sur les trois carafes que je m'étais exceptionnellement enfilée pendant le repas (étant donné que je n'ai jamais soif -on m'appelle "le chameau"- quand ça m'arrive j'en profite et je bois comme un trou; environ deux fois l'an). Quelle riche idée, à trois heures du mat j'en pouvais plus et me voilà à essayer de sortir de la tente à tâtons en chaussettes et à me faire geler l'arrière-train par une bourrasque absolument glaciale...Inutile de vous dire que j'ai fini le reste de la nuit à grelotter, ah on m'y reprendra à faire du camping sauvage à Okinawa en hiver!

Bon j'avoue c'était quand même sympa de se réveiller face à un tel paysage...

Vu qu'on était juste à côté, on a directement été à Sefa Utaki, un site sacré de grande renommée. C'est là qu'étaient intronisés les prêtres royaux et à l'époque son accès était strictement interdit au commun des mortels. D'ordinaire je ne suis pas très réceptive au caractère sacré des lieux, mais là, peut-être car on l'a fait au petit matin, on s'est sentis transportés. Personnellement j'ai vraiment eu l'impression d'être dans un endroit particulier chargé de mystère.


De l'eau tombait de deux grosses stalactites, elle était utilisée strictement dans de grandes occasions comme pendant les fêtes religieuses

Après s'être emplis de nourriture spirituelle, il était temps de se remplir l'estomac de choses terrestres! Ce qui est cool dans les supermarchés au Japon c'est qu'il y a presque toujours une cuisine où ils préparent des plats à emporter. On a donc fait le plein et on est repartis à Mibaru beach pour petit-déjeuner au soleil, le bonheur après toute la flotte qu'on s'était essuyée depuis quatre jours...



Et voilà, après ça on a filé en panique à l'aéroport car on avait oublié de surveiller l'heure (on se refait pas...), pour s'entendre dire que le vol était en fait annulé à cause de tempête de neige...Heureusement on a pu prendre le prochain et rallier Ishigaki comme prévu! Ouf!

A venir : pourquoi il n'est pas malin de se moquer de la peur des Japonais face au habu...