Les visites culturelles c'est sympa mais nous ce qu'on préfère c'est quand même la nature et les bêbêtes! On était donc aux anges à l'Okinawa world, un genre de parc qui regroupe une grotte absolument sublime et un musée sur les habu. Qu'est qu'est-ce donc les habu? Ce sont les serpents venimeux locaux qui peuplent toutes les îles japonaises du sud, avec trois degrés de dangerosité: soit vous crevez tout de suite (île d'Okinawa), soit vous pouvez quand même vous traîner sur quelques kilomètres (île d'Ishigaki), soit vous êtes large et vous pouvez rallier tranquillou l'hôpital le plus proche (île d'Iriomote). Deux détails qui ont leur importance: la charmante bête est ralentie en hiver mais n'hiberne pas; et elle est tout aussi bien aquatique que terrestre.
Je ménage le suspense mais je peux d'ores et déjà vous dire que cette visite nous fut très profitable puisqu'on a ainsi pu identifier précisément à quoi ressemblait un habu...Le musée est très bien fait et permet notamment de voir ce qu'il adviendra de votre main ou de votre jambe si vous vous faites mordre (comme on peut s'y attendre c'est pas joli-joli!). Le clou c'est le habu-show où vous pouvez vous faire de petites frayeurs en toute sécurité. A la fin ils ont annoncé un duel entre un habu et une mangouste, j'hallucinais un peu mais en fait ils faisaient juste la course sous l'eau et l'adorable mangouste l'a remporté haut la main!
Il y avait aussi des souffleurs de verre,
je trouve ça toujours impressionnant de les regarder travailler

La spécialité c'est la bouteille d'alcool mariné avec le pauvre serpent au fond,la version locale du crapaud dans Les Bronzés font du ski..
Huhu, voilà qui donne envie de plonger une tête!
Avec un gros python inoffensif
Le habu en question
La grotte de Gyokusendo est la plus grande du Japon et est tout simplement féérique! Elle a trois cents mille ans et fait jusqu'à ving mètres de haut. On la parcourt sur près d'un kilomètre et ça représente déjà du chemin, difficile de se rendre compte qu'il existe de telles merveilles sous ses pieds quand on se balade dans le parc! C'est vraiment dommage qu'on n'ait pas réussi à prendre en photo la salle principale quand on rentre (l'appareil se couvrait instantanément de buée à cause de la chaleur humide qui y règne), mais j'en garde un souvenir inoubliable, c'était magique.
Des milliers de stalactites pendent du plafond


Une des plus grosses stalagmites du monde, si je me souviens bien elle faisait plus d'un mètre de large
Après nous en être pris plein les mirettes est survenu l'éternel problème: où dormir...On a un peu vadrouillé et on est tombés par hasard sur une superbe plage: Mibaru beach. Il était sensé y avoir un endroit pour camper et bien sûr c'était à nouveau un camping fantôme! Mais le coin était tellement joli qu'on a décidé de dormir sur une autre plage à côté, plus grande et plus déserte. Il y avait une espèce de mini falaise qui abritait super bien du vent mais j'avais trop les boules qu'on se fasse réveiller en pleine nuit par l'eau, du coup on a posé la tente en plein vent sur la verdure qui bordait la plage. Evidemment on l'a fait en urgence à moitié dans le noir car on est les spécialistes pour traînasser dans les jolis coins et se retrouver pris par la nuit...
Mibaru beach au crépuscule

Ensuite ça on a été manger et les types éméchés de la table d'à côté nous ont gentiment invités à boire un coup avec eux. On avait
déjà tenté l'expérience à Tokyo et Fabien s'était retrouvé bourré comme un coin, alors la perspective de devoir prendre l'avion le lendemain nous a dissuadés d'accepter! (déjà qu'on a du mal à ne pas louper nos vols en temps normal, valait mieux pas tenter le diable!)
Nous voilà donc rentrés tout sagement à notre tente; ouhlala déjà dix heures il était grand temps de dormir! Après avoir enfilé mon pyjama, deux pulls, deux paires de chaussette et m'être emmitouflée dans mon écharpe je me préparais à une bonne nuit de sommeil...C'était sans compter sur les trois carafes que je m'étais exceptionnellement enfilée pendant le repas (étant donné que je n'ai jamais soif -on m'appelle "le chameau"- quand ça m'arrive j'en profite et je bois comme un trou; environ deux fois l'an). Quelle riche idée, à trois heures du mat j'en pouvais plus et me voilà à essayer de sortir de la tente à tâtons en chaussettes et à me faire geler l'arrière-train par une bourrasque absolument glaciale...Inutile de vous dire que j'ai fini le reste de la nuit à grelotter, ah on m'y reprendra à faire du camping sauvage à Okinawa en hiver!
Bon j'avoue c'était quand même sympa de se réveiller face à un tel paysage...





Vu qu'on était juste à côté, on a directement été à Sefa Utaki, un site sacré de grande renommée. C'est là qu'étaient intronisés les prêtres royaux et à l'époque son accès était strictement interdit au commun des mortels. D'ordinaire je ne suis pas très réceptive au caractère sacré des lieux, mais là, peut-être car on l'a fait au petit matin, on s'est sentis transportés. Personnellement j'ai vraiment eu l'impression d'être dans un endroit particulier chargé de mystère.
De l'eau tombait de deux grosses stalactites, elle était utilisée strictement dans de grandes occasions comme pendant les fêtes religieuses




Après s'être emplis de nourriture spirituelle, il était temps de se remplir l'estomac de choses terrestres! Ce qui est cool dans les supermarchés au Japon c'est qu'il y a presque toujours une cuisine où ils préparent des plats à emporter. On a donc fait le plein et on est repartis à Mibaru beach pour petit-déjeuner au soleil, le bonheur après toute la flotte qu'on s'était essuyée depuis quatre jours...



Et voilà, après ça on a filé en panique à l'aéroport car on avait oublié de surveiller l'heure (on se refait pas...), pour s'entendre dire que le vol était en fait annulé à cause de tempête de neige...Heureusement on a pu prendre le prochain et rallier Ishigaki comme prévu! Ouf!
A venir : pourquoi il n'est pas malin de se moquer de la peur des Japonais face au habu...